Stop à l’expansion de l’Etat

Publié dans le Confédéré, le 19 octobre 2012

Le Grand Conseil valaisan s’apprête à voter un nouveau budget. Equilibré, certes, comme le lui impose le double frein aux dépenses et à l’endettement. Un budget qui laissera probablement des comptes beaucoup plus réjouissant que prévus, avec des revenus réels comptabilisés en dizaines de millions de francs, pour ne pas dire en centaines de millions, comme ce fut le cas depuis bientôt une décennie.

Surtout, un budget qui croît, qui grossit à une vitesse folle. En dix ans, la croissance de l’économie s’est élevée à moins de 20%. Celle de l’Etat du Valais à plus de 45%. En dix ans, les recettes fiscales cantonales ont augmenté deux fois plus vite que les revenus des ménages.

Comment expliquer cette situation ? Durant cette décennie, l’Etat ne n’est pas vu attribuer des missions d’une importance telle qu’elle justifierait pareille évolution. La croissance démographique, elle, est totalement incluse dans les chiffres du PIB, la comparaison en tient dès lors compte. Il faut l’admettre : c’est simplement le coût général de l’Etat qui a pris l’ascenseur. Ce sont les recettes fiscales qui ont augmenté plus que de raison, malgré les baisses fiscales consenties par le parlement cantonal.

Les limites d’un budget sont aujourd’hui atteintes. On ne peut admettre que la quote-part de l’Etat continue à croître sans aucune limitation. Il ne s’agit pas ici de grandes théories libérales, mais d’un problème aussi dramatique que concret. Chaque fois que la quote-part de l’Etat croît d’un pourcent, c’est le revenu disponible des ménages qui diminue d’autant.

On estime que pour chaque dix points de PIB pris par l’Etat, un point de croissance économique est perdu. Or, on sait qu’avec 2% de croissance, le niveau de vie double en 35 ans. Avec un taux de seulement moitié, il faudrait attendre 70 ans pour atteindre un résultat similaire. La quote-part de l’Etat du Valais a cru de 14 à 18% en dix ans, cela sans tenir compte de la Confédération, des communes, des régies publiques (CFF, Poste, etc.) ou des assurances sociales (LAMal, AVS, LACi, Chômage, etc.). Il en faut peu pour stopper l’amélioration de nos conditions de vie…

En 2012, les Valaisans travaillent en moyenne jusqu’au 18 avril uniquement pour financer les activités publiques. Chaque année, c’est un peu plus tard qu’on se libère de nos obligations publiques. Cette évolution ne demande qu’à être arrêtée si les élus exigent des budgets calqués sur la croissance réelle de l’économie, ni plus, ni moins.

Les salaires réels ont augmenté ces dernières années, quoi qu’en dise la gauche. Ce qui a diminué, c’est le revenu disponible des ménages. « Dans la présente crise, l’Etat n’est pas la solution à notre problème. L’Etat est le problème. » C’est Ronald Reagan qui le disait et, à voir l’expansion sans frein des collectivités publiques, je me dis que ses préceptes sont plus justes que jamais.

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4 Comments

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  • Citer Ronald Reagan en référence est assez savoureux, sachant que le bonhomme a fait exploser la dette publique des Etats-Unis durant ses années de présidence…. Il y a sans doute d’autres noms à mettre en avant si l’on souhaite promouvoir le frein à l’endettement…

    Tschudin 7 years ago


  • […] le sujet: “Stop à l’expansion de l’Etat”, article du 19 octobre 2012 du Confédéré This post was written by Philippe […]

    Philippe Nantermod, le blog 7 years ago


  • […] le sujet : "Stop à l’expansion de l’État", article du 19 octobre 2012 du Confédéré […]

    Suisse : Stop à l’expansion de l’État ! | Contrepoints 7 years ago


  • […] veux pour preuve le récent article de Philippe Nantermod, politicien talentueux bien qu’un peu trop libéral à mon goût, qui […]

    A vous de choisir ! | Lucien Combaz 6 years ago


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