Nouvelle société
| Je propose…
- La fin des taxes SUISA et BILLAG. |
Il est incontestable, et incontesté, qu’Internet a transformé notre manière de fonctionner, tant d’un point de vue économique que politique. Les récentes révolutions ou révoltes du Maghreb le montrent particulièrement bien.
Il s’avère que les autorités fédérales ont, sous de nombreux aspects, pas complètement saisi l’opportunité et les défis qu’Internet crée. Nous avons besoin en Suisse d’une politique plus en phase avec le développement des nouvelles technologies. Outre les questions quotidiennes que cela pose, notamment en matière de vie privée, ces questions auront des influences économiques cruciales.
Abolir les taxes SUISA et Billag
Taxer. Face à l’arrivée des nouvelles technologies, les autorités n’ont souvent qu’un mot à la bouche sensé résoudre tous les problèmes : taxer.
Ce précepte s’appliquer en premier lieu aux redevances TV/Radio de Billag. Lors de l’apparition des médias publiques que sont la radio et la télévision, les postes récepteurs étaient peu répandus et il convenait de trouver un moyen juste de financer le service public. Billag a été créé dans ce but : taxer les auditeurs et téléspectateurs. Depuis 1998, cette société remplace les PTT pour la perception d’une redevance. Or, depuis, le nombre d’appareil permettant la réception de la télévision ou de la radio a littéralement explosé. Tous les téléphones mobiles modernes le permettent notamment. Aujourd’hui, chaque appareil connecté à Internet donne l’accès aux programmes de la RSR ou de la TSR. Vu que les connexions web se répandent dans tous les appareils quotidiens, il y a fort à parier que l’on ne pourra prochainement plus acheté un grille-pain sans qu’il soit, d’une manière ou d’une autre, capable de nous donner accès au contenu produit par la SSR. Face à cette situation, il est incongru de financer un appareil administratif tel que Billag pour prélever une taxe auprès de tous les citoyens : les services des contributions cantonaux s’en chargent très bien. Dès lors, Billag peut être dissoute et on peut concevoir sans peine que la redevance TV/Radio soit prélevée conjointement avec les impôts.
Se pose ensuite la question du montant de la taxe. Internet permet aussi de se connecter à un nombre de contenu de plus en plus important et de plus en plus hétéroclite. Nos médias publics sont concurrencés non seulement par les chaines étrangères, mais aussi par le contenu produit par tout un chacun sur des sites tels que Youtube. Le service public doit être redimensionné pour intégrer cette nouvelle composante et éviter de refaire chèrement ce qui est proposé ailleurs gratuitement. Partant, une redevance télévisuelle annuelle de 200 francs par habitant majeur en Suisse est largement suffisante et on ne saurait réclamer davantage.
Parallèlement, la SUISA prélève, depuis l’apparition des cassettes, des taxes sur les supports vierges destinés à compenser le coût de la copie privée. Ici aussi, l’explosion du nombre d’appareils permettant, entre autres, d’enregistrer de la musique protégée, rend cette taxe inutile. Il n’est pas juste que les citoyens qui acquièrent un téléphone mobile doivent financer l’industrie musicale alors qu’ils ne seront pour beaucoup pas auditeurs de musique protégée ou acquise illégalement. Cette taxe est devenue complètement obsolète et il convient de l’abolir complètement pour tous les périphériques modernes.
Sur le sujet :
Pétition contre les taxes SUISA sur http://www.tropdetaxes.ch.« La taxe sur les supports vierges : une réponse analogique à un monde numérique », article paru dans le Temps, le 26 janvier 2011.
Augmenter le budget de la CTI pour l’innovation
La Commission fédérale pour la technologie et l’innovation se charge de créer un lien entre l’industrie et les hautes écoles suisses. Finançant une partie de la recherche pour les entreprises helvétiques, la CTI crée l’innovation et la recherche appliquée. Actuellement, le budget de cette institution extrêmement performante n’est que le sixième de celui du Fonds national pour la recherche, orienté uniquement dans la recherche fondamentale.
S’il n’est pas question de brader l’un pour l’autre, on remarque que les budgets de la CTI doivent être augmentés en urgence pour assurer un meilleur transfère technologique entre les universités et le marché afin de créer tant de l’innovation que des postes de travail. Le doublement du budget de la CTI a été prévu pour la période de crise. Cette décision doit être pérennisée pour l’avenir : il en va du succès de la Suisse à long terme.
L’heure de l’Etat numérique
Internet apporte énormément de facilités dans notre vie quotidienne. Selon l’OCDE, la coupure d’Internet imposée par le gouvernement égyptien lors des manifestations de janvier 2011 a coûté plus de 90 millions de francs à une économie relativement pauvre.
Si les entreprises apprennent à augmenter leur productivité et à simplifier le travail grâce à Internet, l’Etat est malheureusement à la traîne, en Suisse en particulier. Le portail CH.CH, destinés à l’origine à devenir un véritable guichet virtuel, a coûté plus de 20 millions de francs pour officier désormais comme bottin de téléphone des administrations publiques.
Cette situation peut et doit évoluer. La Suisse dispose d’écoles polytechniques figurant parmi les plus compétitives du monde et qui constituent de véritables pôle de création de start-up innovantes. Il est temps de décider d’un vrai budget et de le confier à ces sociétés pour passer l’Etat à l’heure du numérique. Toutes les relations entre le citoyen et l’Etat, entre les entreprises et l’Etat, doivent pouvoir être gérées de manière électronique : de la commande du passeport au paiement des impôts en passant par la consultation des informations personnelles privées. La sécurité que les banques garantissent en matière de protection des données doit être l’étalon pour le service public.
Malgré les réticences affichées par de nombreux milieux, le vote électronique doit aussi être testé et introduit. Le vote par correspondance paraît beaucoup moins sécurisé à l’heure actuel que l’exercice des droits civiques par Internet. Le e-voting apporte plusieurs améliorations pratiques au vote. Outre le fait de faciliter l’accès à l’urne, il permettra de remplacer à terme le vote par correspondance et de cesser de voter sur une période étalée sur trois semaines comme c’est actuellement le cas.
Sur le sujet :
Article « suisse.com » du 10 juillet 2007 sur mon blog.
Mettre un terme à la culture de l’interdiction
Internet et les nouvelles technologies inquiètent. Il est certain que de nombreux parlementaires paniquent face à l’apparition de certains services en ligne ou à la prolifération de jeux vidéo parfois violents.
De 11 à 17 ans, j’ai officié en qualité de chroniqueur pour le magazine TVguide. Je devais, semaine après semaine, taper des comptes-rendus sur les jeux vidéo. Systématiquement, j’enlevais des points aux jeux trop violents. Pourtant, je m’oppose à toute forme de censure. Il est absurde d’imaginer que la violence que l’on trouve sur les consoles est nouvelle : les mêmes qui aujourd’hui prônent la censure admirent certains chefs d’œuvre du cinéma pourtant particulièrement gratinés en matière d’effusion de sang et de meurtres à la chaine.
D’autres domaines électroniques subissent le coup d’interdictions ou de tentatives d’interdictions. A lire la presse, on pourrait d’ailleurs penser que le préposé fédéral à la protection des données n’a que ce mot à la bouche. Il est pourtant illusoire d’imaginer que la Suisse seule peut fixer les règles en matière de protection des données sur internet et faire interdire certaines pratiques. Le réseau mondial est sans frontières et toutes les restrictions imaginables seront finalement contournées d’une manière ou d’une autre. Au mieux, ces restrictions feront fuir des entreprises sans pour autant réduire l’accès aux services montrés du doigt.
Sur le sujet :
Article du Nouvelliste « A ceux qui confondent gouverner et interdire » du 13 octobre 2010.


































