Des PME responsables face à un Etat svelte

Des PME responsables face à un Etat svelte

Je propose…

- Renforcer la ComCo.

- Réserves latentes : l’opportunité d’entreprendre.

- Refuser les nouvelles interdictions.

- Moins de statistique pour plus d’efficacité.

- Une formation en accord avec le marché du travail.

- Rencontrer les entrepreneurs.

En tant que libéral-radical, la défense de l’économie m’est prioritaire, en particulier en ce qui concerne les petites entreprises et les indépendants.

Une question fréquemment posée aux politiciens est : « que doit-t-on faire pour l’économie » ?

Ma réponse préférée est : « rien ». Rien parce que ce qu’un entrepreneur attend de l’Etat, c’est qu’il lui fiche la paix. Entreprendre, c’est exactement l’inverse que d’attendre des soutiens publics.

En politique, si l’on veut aider un entrepreneur, le mieux que l’on puisse faire, c’est de ne pas lui casser les pieds avec une bureaucratie inutile, avec des législations de plus en plus complexes et coûteuses, avec des impôts trop élevés. A lire l’évolution législative dramatique que la Suisse connaît, on pourrait croire que les services de la Confédération se sont mis en tête d’expliquer aux chefs d’entreprise de Suisse comment gérer leurs affaires.

Plus que tout, c’est en matière fiscale que l’Etat ne doit pas se montrer trop gourmand. Une fiscalité trop forte agit sur ceux qui ont réussi. Or, soutenir l’économie, c’est promouvoir le succès, donc le travail. Le mérite est une valeur essentielle à une société libérale qui réussit, et la valeur que l’on accorde au mérite se mesure dans le niveau confiscatoire ou non de notre fiscalité. La Suisse peut et doit encore diminuer la fiscalité des entreprises, c’est certain.

Il y a néanmoins un domaine dans lequel l’Etat peut agir, c’est au niveau des conditions cadre. Une aide indirecte, en somme. L’Etat doit s’assurer que la formation reste à un niveau de qualité suffisant, doit vérifier que les voies de communication et de télécommunications soient dignes des pays les plus développés au monde ou encore que la sécurité soit suffisante pour assurer le développement du commerce.

Ces propositions, ce sont celles que je défends dans mon action politique quotidienne.

Sur le sujet :
Article du Nouvelliste « Office fédéral des transports : un acharnement bureaucratique malvenu » du 25 novembre 2010.

Renforcer la ComCo

Voilà des années que les milieux libéraux réclament des mesures en faveur de la concurrence. Malgré ces réclamations, le marché se cartellise de plus en plus, en dépit de l’ouverture économique des frontières. Durant la dernière législature, on a notamment pu assister à une concentration du secteur de la distribution avec le rachat de Denner pas Migros et de Carrefour par Coop. Durant la même période, Sunrise a tenté une fusion avec Orange, heureusement avortée.

Les citoyens helvétiques sont de plus en plus confrontés à des monopoles, duopoles ou oligopoles qui gangrènent l’innovation et la compétitivité économique. Les milieux agricoles sont fortement pénalisés par le peu de débouchés de vente de leurs produits et les nouvelles entreprises peinent à entrer sur le marché.

Face à cette situation désastreuse tant pour les consommateurs que pour les entrepreneurs, il devient urgent de renforcer le pouvoir décisionnel de la ComCo et de la séparer du Conseil fédéral pour en faire un véritable Tribunal de la concurrence indépendant du pouvoir exécutif, mais ressortant du pouvoir judiciaire. Un droit d’action doit être délivré à tout entrepreneur lésé par une situation de monopole ou par un projet de fusion et ce sont des juges élus par le Parlement qui doivent appliquer le droit.

Les moyens d’action doivent aussi être revus. Outre les amendes et les interdictions de fusion, la ComCo doit être autorisée, comme ultima ratio, d’ordonner la division de sociétés monopolistiques afin de relancer la concurrence et l’innovation. Ces mesures permettront de renforcer réellement la concurrence et d’éviter la concentration d’entreprises, évolution néfaste tant aux PME qu’aux consommateurs.

Simplifier les procédures de marché public

Les nouvelles procédures de marché public constituent à n’en pas douter une chance pour les PME. Elles garantissent l’égalité de traitement entre prestataires de services et permettent aux entrepreneurs de s’ouvrir de nouveaux horizons commerciaux.

Si les règles juridiques apparaissent excellente de prime abord, il s’avère que les procédures sont souvent trop administratives, complexes et bureaucratiques. Certaines sociétés se voient disqualifier malgré un prix imbattable, pour la simple et mauvaise raison qu’elles n’ont pu fournir la tonne d’informations requise par l’administration publique.

Un petit entrepreneur répond aux appels d’offre publics en dehors de son temps de travail productif et ne peut rivaliser avec les moyens administratifs aussi lourds qu’inutiles des grands groupes.

Cette situation peut être corrigée en introduisant des principes de simplicité dans les procédures de marché public. Le but des marchés publics est d’obtenir le meilleur prix, pas de renforcer la bureaucratie. Cette mesure doit permettre à l’Etat de devenir un vrai moteur économique pour les PME lorsqu’il se décide à investir et c’est dans cet esprit que la distribution des contrats doit être pensée.

Réserves latentes : l’opportunité d’entreprendre

La Suisse se caractérise par ses multiples possibilités pour les entreprises de créer des réserves latentes et de disposer ainsi d’un capital économique très utile en cas de coup dur. Il est fréquent que les entreprises reposent sur des montagnes de réserves qui garantissent leur pérennité.

Cependant, la pérennité d’une société, c’est aussi sa capacité à innover, à créer de nouveaux produits et à fonder des sociétés. Le fonctionnement des réserves latentes peut être amélioré en permettant à un entrepreneur d’investir une part de ses réserves dans la création d’une nouvelle société ou dans le développement d’un nouveau produit, sans les considérer dissoutes, et éviter ainsi une imposition au passage. Cette mesure soutiendra la création d’entreprises, d’emplois et l’innovation en général dans notre pays, sans nécessiter la mise en place de coûteux plans quinquennaux de relance.

Refuser les nouvelles interdictions

De plus en plus de milieux écologistes et généralement bien pensant cherchent par tous les moyens à freiner l’activité économique valaisanne en cherchant à restreindre, voire interdire, l’exercice de nombreux loisirs. Ceux-ci sont présentés de manière « saucissonnée » afin d’éviter le cumul des oppositions.

Que ce soit l’héliski, le vélo de descente, le ski de randonnée, les canons à neige ou les sports motorisés, pas un mois ne passe sans qu’une mesure ne soit proposée pour flatter un électorat urbain en mal de verdure électorale. Chacune de ces démarches a cependant pour conséquence désastreuse de freiner le développement économique et de détruire des emplois.
Une fronde doit être organisée à Berne pour défendre les intérêts de l’économie touristique contre ces attaques inutiles et révoltantes et sensibiliser les élus des cantons urbains aux problèmes des milieux touristiques.

Moins de statistique pour plus d’efficacité

Les entrepreneurs ne comptent plus les heures passées à remplir des formulaires destinés à alimenter une administration gourmande de statistique et qui ne saurait justifier son existence que par la ponte de rapports aussi vite oubliés qu’annoncés. Si la statistique est un élément essentiel pour la conduite des politiques publiques, celle-ci doit néanmoins être limitée au strict essentiel et l’Etat doit se rappeler que chaque minute qu’un entrepreneur dépense à remplir des formulaires, il ne la passe pas à créer de la richesse pour notre pays.

Cette manie de vouloir tout quantifier et observer doit être limitée au nom de l’efficacité entrepreneuriale. Les statistiques doivent être regroupées pour gagner en efficacité et réduites considérablement.

Une formation en accord avec le marché du travail

Le nombre de formations à disposition des jeunes ne cesse d’augmenter et l’âge de l’entrée sur le marché du travail avec. Malheureusement, certaines filières sont totalement déconnectées du marché de l’emploi, ce qui se transcrit dans le taux de chômage: en avril 2011, le taux de chômage des personnes diplômées HEU (hautes études universitaires) dans l’année s’élevait à 5.8% contre 3.1% pour la moyenne nationale. Certaines branches d’études comme les sciences humaines et sociales affichaient même un taux impressionnant de 9%.

Cette situation s’explique malheureusement par une certaine déconnexion du monde de la formation, notamment dans les sciences humaines et sociales, du monde du travail. Ce décalage doit être résorbé en encourageant les étudiants à mieux appréhender le marché du travail par la réalisation de stages en entreprise et le développement de compétences pratiques déjà lors de leur formation.

La 4ème révision de l’assurance chômage a d’ores et déjà constitué une motivation pour les jeunes à démarrer la recherche d’un emploi plusieurs mois, voire semestres, avant les examens finaux de Master. Dans les domaines particulièrement touchés par le chômage, les stages en entreprise doivent bénéficier de crédits ECTS – soit le système à point des accords de Bologne – et être ainsi reconnus comme servant à la formation au sein même de l’Université.

Rencontrer les entrepreneurs

La politique économique ne s’établit pas un jour, pour toujours. Les péripéties que connaissent les différents secteurs d’activité qui font la réussite de la Suisse ne sont pas prévisibles et il convient de rester constamment à l’écoute de ceux qui créent les emplois et la richesse de notre pays.

En cas d’élection, je m’engage à rencontrer deux fois par année les entrepreneurs qui le souhaitent, lors d’un apéritif, afin d’entendre leurs doléances sur le fonctionnement du système politique suisse et tenter d’être un porte-voix supplémentaire des créateurs d’emplois à Berne.

Vu la structure économique du canton, les petits entrepreneurs et les indépendants bénéficieront naturellement d’une priorité dans mes actions, les grandes sociétés bénéficiant déjà d’une grande attention de la part de la Confédération.
Ces rencontres seront naturellement ouvertes à toutes et à tous, la politique économique étant l’affaire de chacun.